French Cowboy : e-terview de Federico Pellegrini (26 novembre 2007)


    Photo : Amélie

Federico Pellegrini is a French Cowboy

Federico Pellegrini (ex-Little Rabbits et chanteur/guitariste de French Cowboy) s'est volontiers plié à cette e-terview réalisée par Jmix le 26 novembre 2007. Il nous parle (un peu) des Rabbits et (surtout) du présent et du futur de French Cowboy en passant par Dillinger Girl & Baby Face Nelson !

Jmix : Federico, je te propose de commencer par les questions qui fâchent... Il semble que tu n’aimes pas tellement parler de l’époque Little Rabbits, mais pour Little-Rabbits.net, j’espère que tu vas accepter de faire une petite exception ?

Federico : Je ne sais pas d’où tu tiens que je n’aime pas en parler, non, ça ne me dérange pas, je le fais beaucoup d’ailleurs, en ce moment. J’ai maintenant pas mal de recul sur la question.

Pendant plus de 15 ans, les Rabbits ont écumé les scènes de France et même au-delà, avec des prestations scéniques remarquées. Or, on n’en trouve quasiment aucune trace sur disque ! N’avez-vous jamais envisagé de sacrifier à la tradition des disques live ? Peut-on encore rêver d’une sortie « posthume » d’un tel enregistrement, voire d’une vidéo ?

C’est vrai. Pas de live. Je n’ai jamais été pour. L’idée a été évoquée quelques fois mais jamais nous n’avons eu d’enregistrement suffisamment intéressant de nos prestations live. Souvent, sorties de consoles, avec les voix surmixées, des instruments qui passent à la trappe. Personnellement, je n’écoute jamais de disques live. Je ne sais pas, pour moi le live, c’est un concert que je vois. Ensuite, je m’en souviens, pas besoin de le réécouter, il est dans le souvenir. Pour le live posthume, je n’ai pas d’avis. Si quelqu’un avait envie de s’en occuper (quelqu’un du groupe), je ne m’y opposerais pas. De là à y participer, non, I moved on.

Avec le recul, y a–t’il un album du groupe dont tu serais particulièrement satisfait ? Et peut-être un que tu aimerais ne pas avoir enregistré, ou bien enregistré autrement ?

Non, je ne suis dans le regret de rien. Je trouve qu’on fait toujours les choix en son âme et conscience au moment où on les fait, avec le lot d’erreurs et les moments de grâce, c’est ce qui nous distingue des robots.

Passons maintenance à l’actualité, avec la sortie du premier album de French Cowboy, qui fait suite à celle, il y a un peu plus d’un an, de l’album de Dillinger Girl and Baby Face Nelson (projet en duo avec Helena Noguerra). L’album est intitulé « Baby Face Nelson was a French Cowboy ». Est-ce qu’on doit en déduire que, malgré les apparences, French Cowboy vient, chronologiquement, avant Baby Face Nelson ?

Oui et non. Oui, parce que french cowboy, c’est une vingtaine de titres que j’ai enregistrés seul chez moi, guitares/voix, et puis tout s’est accéléré, imbriqué, une sacré anarchie. Alors oui, french cowboy est antérieur, mais en même temps, certains de ces morceaux était destinés à être proposés à Helena pour qu’elle les enregistre seule... un vrai bordel, comme tu peux le constater.

On trouve sur cet album 4 morceaux déjà présents sur l’album avec Héléna (dans des versions différentes)...

Oui. A l’origine, il y en avait huit. Et je voulais sortir les deux albums le même jour, comme des disques miroirs, avec moi en dénominateur commun. Et puis Universal n’a pas suivi, ils ont préféré se tirer dans les pattes ou faire de savants calculs, je ne sais pas, et puis ça ne me regarde plus, je suis loin de tout ça maintenant. Par contre, je continue de penser que c’était une chouette idée.

« Baby Face Nelson was a French Cowboy » a été enregistré avec 3 de tes vieux complices (Gaëtan, Eric et Stéphane) et mixé par Jim Waters... Il faut croire que vous êtes inséparables, finalement ?

On a appris la musique ensemble, on se connaît comme nos poches. Je n’ai même pas envisagé de demander à qui que ce soit d’autre. Ce sont mes potes, j’aime jouer avec eux. Et puis c’était un projet assez simple, très squelettique, aucun solo. Par contre, on a découvert qu’on pouvait tous chanter, ça, c’est inestimable, je m’en rends de plus en plus compte. Et pour Jim, oui, c’est un gars que j’adore, on s’amuse bien, quand on bosse ensemble, c’est tous les jours halloween.

L’album est la première sortie de votre label « Havalina Records »... logique plutôt économique ou artistique ?

Les deux. Economique, parce qu’après tout, les maisons de disques ne proposent rien de vraiment sensationnel aujourd’hui, et puis elles travaillent toutes pareil : artiste en développement, et puis il faut casser la baraque etc... Moi, ça n’est pas ce que je recherche. Et puis ça m’emmerde de filer la moitié de mes éditions à une major, je trouve ça obscène. Je crois qu’on a monté Havalina pour nous-mêmes, pour s’impliquer dans tout le processus, pour sortir des choses plus souvent et garder notre génie pour nos pommes. On fait des économies là où on peut et puis advienne que pourra. En tous cas, on a fait un label qui nous ressemble. Et on espère y sortir des disques de musiciens qui nous ressemblent aussi.

« La ballade de Baby Face Nelson » renvoie, par son titre (évidemment) mais pas seulement, à Gainsbourg... hommage, clin d’il ?

Ni l’un ni l’autre. Bien-sûr, ça m’a fait marrer. Je me promenais dans la rue, je chantonnais le morceau de Gainsbourg, j’ai remplacé melody par baby face et voilà, je crois que ça m’a fait rire, tellement c’était grotesque. Après, je n’ai pas réfléchi plus que ça. Moi Gainsbourg, je m’en branle. Il a inventé des tas de trucs, pillé des tas d’autres, la musique, ça n’est jamais qu’un ramassis d’emprunts déguisés. Dans cette chanson, j’avais bien plus à dire que rendre hommage ou cligner de l’oeil. Je ne crois pas que ce soit là que ça se passe.

Tant qu’on en est aux comparaisons, si je te dis que le refrain de Supermarket m’a fait ressortir mes bons vieux disques des Buzzcocks, ça t’étonne ?

Non, du tout. Je crois que j’ai du écrire ce morceau-là une semaine après les avoir vus à Bourges. Un grand supermarché. Non, on ne fait pas des chats avec des chiens.

On trouve sur cet album des chansons plus intimistes...

Beaucoup oui, qui se passent de commentaires.

« Dream » qui clôt (ou presque) l’album est, de mon avis, votre morceau le plus orchestral (et peut-être le plus puissant), toutes époques réunies. Que dirais-tu de le proposer à Quentin Tarantino pour sa prochaine B.O.F. ?

Un autre pilleur celui-là, qui comme Gainsbourg, fait du bon avec du bon.

Federico, à quoi va ressembler la suite de tes aventures ? French Cowboy pense-t'il faire encore un bon bout de chemin dans le far west ? Peut-être faire d’autres casses avec Dillinger Girl ? Ou bien changer encore une fois de nom pour se faire oublier et mieux ressurgir ailleurs ?

Non, french cowboy, je suis assez attaché à ce projet. On devrait faire un second album assez vite. Je ne sais pas encore comment il sonnera d’ailleurs, je préfère ne pas savoir. Un de ces jours, on se calera deux semaines quelques part, et vlan, on enregistrera. Au moins le gros du squelette d’un album. Puis le mixer avec Jim. Voilà pour les certitudes. Et puis j’aimerais bien aussi faire un truc tout seul. Pas un album solo, non, mais jouer un peu seul, un one man band, je sais, je n’invente rien, il y en a des tonnes, mais je crois que ça me ferait du bien, et puis ça nourrirait mon travail avec les cowboys. Je crois que j’ai aussi besoin de ça en ce moment, me mettre en danger.

Merci beaucoup Federico et bon vent à French Cowboy !


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